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BACKSTAGE Focus Ninja gaiden 2 ou la renaissance de la violence artistique
Ninja gaiden 2 ou la renaissance de la violence artistique
Écrit par Cécile GILBERT   
Lundi, 21 Avril 2008 19:06

 

 

 

Il y a quelques jours, nous avons pu mettre la main sur une version quasiment finalisée du titre old school ultra-violent édité par Tecmo, à paraître sur les Xbox 360 européennes le 6 juin prochain.

 

 

Sanglante, visuellement très agréable, et terriblement addictive, cette deuxième itération des aventures de Ryû Hayabusa, dans laquelle le héros devra développer des trésors d’ingéniosité pour venir au secours de la belle Sonia, semble posséder tous les atouts nécessaires pour conquérir un large public, malgré de légères imperfections que les quelques semaines nous séparant de sa commercialisation devraient sans conteste permettre de corriger. Loin de l’expérience quelque peu décevante de Ninja Gaiden Sigma, cet épisode renoue avec un style traditionnel subtilement mis en valeur par les talents de la Team Ninja.

 

 

Un charisme à toute épreuve

 


Le premier opus de la licence - paru en 1991 sur Game Gear - avait su convertir un bon nombre d’adeptes, tout comme l'épisode sorti sur Xbox première du nom, malgré une difficulté certaine, touchant parfois à l’inaccessible. Si ce nouvel opus promet d’être plus abordable, l’univers reste cependant le même : dangereux, sanglant, et totalement jouissif. Le joueur, incarnant le célèbre ninja, sera rapidement entouré d’une profusion d’ennemis, kamikazes et monstres de tous poils, poussant la rage de vaincre jusqu’au fait de continuer le combat une fois mutilés. En effet, même privés de plusieurs de leurs membres, les adversaires parviennent encore à se mouvoir, avec une difficulté certaine, pour tenter de nous infliger des dommages supplémentaires. Magies, armes impressionnantes, et force insoupçonnée des boss, que seules certaines « techniques » permettront de mettre à mal, seront de rigueur. Mais Ryû a de quoi se défendre. Outre sa légendaire agilité, le célèbre guerrier se verra doté d’une panoplie d’accessoires permettant de réaliser des attaques d’une efficacité redoutable. À titre d’exemple, nous pourrons citer l’ensemble de griffes pour mains et pieds dont le ninja pourra s’équiper, et réaliser ainsi de sanglantes pirouettes. De quoi faire valdinguer bras, jambes, et têtes des ennemis les plus récalcitrants. Le héros pourra également régénérer ses forces assez régulièrement, par le biais de bornes de sauvegardes revitalisantes, insérées dans des totems disséminés tout au long du parcours.

 

 


Ryû Hayabusa, ninja charismatique dans la plus pure tradition.

 

 

 

Une violence artistique


 

En dépit d'un scénario d’une relative simplicité, l’immersion est garantie. Le joueur sera amené à évoluer dans des univers variés, depuis l’intérieur de temples asiatiques entourés de fleurs de cerisiers roses jusqu’à une Venise infestée de terribles combattants. Les décors sont du plus bel effet : environnement soigné, détails peaufinés, où chaque trace de sang, loin de paraître glauque, amènerait presque un trait artistique supplémentaire. Quelques petites imperfections graphiques (décors transparents, ennemis traversant les murs, et tâches de sang « flottantes » notamment) mériteraient à cette heure d’être corrigées pour parfaire ce tableau, chose dont on ne doute pas à terme. Les scalpes des ennemis roulant dans d’étroits escaliers de vieilles bâtisses ? On ne relève presque pas, tant l’action est intense, immédiate, et prenante. La violence est inhérente à ce titre, et l’on ne pourrait l’imaginer autrement sans gâcher une partie du plaisir qu’il procure. Cet aspect brutal détonne délicieusement avec le soin apporté aux détails du décor, dans la pure tradition japonaise, invitant véritablement au voyage. Ce soin particulier permet de créer une ambiance unique, invitant le joueur à partager la mentalité des samouraïs, où la violence sait aussi se faire art de vivre.

 

 

 

Décors romantiques et soignés, pour un titre ultra-violent.

 

Malgré ces différentes considérations, force est de constater que, une fois la manette en main, l’heure n’est pas à l’admiration béate et au romantisme décalé. Parce que le jeu va vite, très vite, et exige une réactivité sans faille. C’est cet aspect qui, justement, procure le plus de plaisir. Car le titre, tout en offrant finesse et délicatesse, réveille assurément la brute qui sommeille en nous. Lors de notre découverte du jeu, nous n’avons nous-même pas pu réprimer quelques petits grognements de satisfaction, et sursauts de déception, en face d’un adversaire un peu trop coriace. Tomonobu Itagaki signe donc ici un titre impressionnant, sous plusieurs aspects, qui ne devrait pas manquer de séduire les joueurs hexagonaux dès le 6 juin prochain.

 

 



Une violence maîtrisée et affirmée faisant parfois débat.
 
 


"La violence, ce n'est pas couper un ennemi en morceaux, ou voir beaucoup de sang, ce n'est pas ce qu'est la vraie violence. Dans la tradition martiale japonaise, vous humilieriez votre adversaire. Un expert en épées tenterait de trancher les quatre premiers doigts de la main de son adversaire, celle tenant l'arme blanche. Cela ôterait à un combattant sa raison de vivre, et quelqu'un souffrant de cette blessure préférerait commettre un suicide plutôt que vivre en étant incapable de tenir son arme" déclarait le fantasque créateur aux lunettes noires, en réponse à la polémique liée à la violence du titre. Et force est de constater que, violence physique ou psychologique, on attend avec impatience ce jeu, qui, espérons le, ne sera pas altéré par les exigences de bienséance plus que jamais sur le devant de la scène.

 

 

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Mise à jour le Lundi, 21 Avril 2008 22:32