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BACKSTAGE Evénements E3 2008 : le bilan
E3 2008 : le bilan
Écrit par Thomas PALPANT   
Samedi, 19 Juillet 2008 18:12

 

 

E3

 

 

L'E3 Media & Business Summit, point de convergence de toutes les grandes forces de l'industrie, appartient déjà au passé. Alors que les regards se tournent désormais vers la Games Convention, et le Tokyo Game Show, l'heure est à un premier bilan, sur ce qu'il faut retenir du salon californien. Quelle impression aura laissé ce second chapitre de l'E3 new touch, volontairement délesté de ses paillettes, et boudé par le nouveau gargantua du jeu vidéo mondial? Quels éditeurs auront su mettre à profit le déchaînement médiatique qui s'est abattu sur le Convention Center ces trois derniers jours? Quel constructeur aura marqué les esprits, et proposé la plus édifiante stratégie, à l'heure où la course au leadership se fait chaque mois plus implacable? Gamebible se propose de vous apporter les réponses.

 


"Je déteste l'E3 ainsi"

 

 

Avant même le début des réjouissances, l'édition 2008 de cet E3 partait avec de sérieux handicaps. Coup de tonnerre le 2 mai 2008. Activision, le numéro deux mondial du secteur, annonce qu'il ne participera pas à l'E3. Cette défection, entraînant du même coup celle de Blizzard Entertainment et Vivendi Games, sera rapidement suivie par celle d'Id Sowtware. LucaArts et Crave Entertainment, pressentis pour faire aux aussi cessession, se contenteront d'un simple au revoir à l'ESA, association américaine des éditeurs, équivalent de l'ELSPA au Royaume-Uni, celle-là même qui préside à la destinée de l'E3. Le ton est donné. Mais ces quelques remous ne sont pas récents, car le départ de feu a eu lieu dès l'E3 2006, après qu'une frange d'éditeurs se soit plaint de l'inflation galopante des coûts d'exposition du salon. En 2007, l'ESA remet tout à plat, et propose un salon morcelé, très encadré, et décalé au mois de juillet. Il ne convaincra pas grand monde. En 2008, retour au Convention Center, mais l'ESA décide de n'allouer qu'un unique hall aux éditeurs pour présenter leurs produits. Ce choix n'aura visiblement pas été des plus judicieux. "Je déteste l'E3 ainsi", a déclaré John Riccitiello, CEO d'Electronic Arts, à l'issue du salon. "Soit il faut que nous revenions à l'ancien E3, soit nous serons dans l'obligation de tenir nos propres événements". Une réalité déjà en marche. Ubidays, PlayStation Day, Midway Gamers day, Microsoft Gamers day; les salons alternatifs se multiplient, et dans le même temps, les surprises à l'E3 s'amenuisent (nous y reviendrons concernant les constructeurs).

 

 

FFXIII

 

Hormis quelques exceptions, un E3 timide, et sans surprises.

 

 

Le show de Los Angeles aura attiré quelques 5 000 visiteurs cette année, 12 fois moins qu'en 2006. Un grand écart qui fait dire à Laurent Detoc, président d'Ubisoft pour l'Amérique du Nord, que cet E3 était tout simplement "terrible". "Le monde avait l'habitude de venir à l'E3", ajoute-t-il. Alain Corre, directeur exécutif d'Ubisoft, pointe quant à lui du doigt la taille du salon, mais aussi une date "non appropriée", problématique d'autant plus importante pour Ubisoft, qui avait présenté l'ensemble de son catalogue au mois de mai dernier, ancienne période du salon. Avant même la tenue de l'E3 2007, nous évoquions ce problème de timing, et ce calendrier illogique, qui voit se succéder l'E3 en juillet, la Games Convention fin Août, et le TGS en octobre). Michael Pachter, analyste pour le cabinet Wedbush Morgan, n'y va pas avec le dos de la cuiller. Selon lui, le salon avait l'habitude d'offrir aux revendeurs, aux médias et aux investisseurs un premier aperçu des jeux, et l'opportunité de communiquer avec les directions des entreprises. "Maintenant, les jeux ont été annoncés depuis longtemps, et l'événement est virtuellement inutile pour les revendeurs et les investisseurs", commente-t-il. Des opinions qui laissent apparaître l'incapacité de l'ESA à proposer une formule pertinente, faisant passer l'E3 d'un immense parc d'attractions avec double ration de néons et de babes à chaque stand, à un modeste salon d'été, inapproprié pour une industrie à la croissance explosive. L'E3 Media & Business Summit n'a jamais été aussi menacé, et l'ESA devra vite se retrousser les manches pour éviter une Berezina l'an prochain.

 

Ubisoft, EA, Capcom et SEGA on fire

 

Chez les éditeurs, les différents line-up et présentations auront permis de dresser un petit état de forme de chacun. Globalement, cet E3 n'aura réservé aucune véritable surprise. Question de timing probablement, et d'une tendance logique, qui veut que les grandes compagnies désirent une couverture médiatique beaucoup plus concentrée, lors de salons "propriétaires", que diluée, lors d'un événement comme l'E3. Electronic Arts et Ubisoft resteront les deux éditeurs qui nous auront le plus convaincu. Si en l'absence d'Activision Blizzard, les deux compères sont il est vrai les deux principales têtes de série de l'événement, il seront parvenus à allier, avec brio, diversité et innovation. EA, en présentant le phénomène communautaire Spore, du talentueux Will Wright, qui possède déjà plus d'espèces que n'en compte la planète bleue. Dead Space et le survival horror Left4Dead auront également procuré de belles sensations. Et que dire de Mirror's Edge, son level design étudié pour les cabrioles urbaines, et sa vue à la première personne qui bouscule les standards de l'immersion. Enfin, avec son catalogue de licences sportives, qui jouent la carte du réalisme et de l'innovation, comme ce fameux ADN dynamique de NBA Live 09, EA Sports aura assurément rempli son contrat; même si l'accessibilité et l'ouverture casual prônées à outrance par Peter Moore laissent tout de même quelques craintes une fois le rideau descendu. Quant à Ubisoft, même si tous connaissaient déjà les titres présentés, il est incontestable que l'éditeur et son portfolio en or massif sera un des grands animateurs du second semestre. Du délirant Lapins Crétins 3 au réaliste Shaun White Snowbording, qui lorgne du côté de Amped, du "FPS 2.0" Far Cry 2, et sa liberté de mouvement totale, aux innovants Endwar et Brother in Arms: Hell's Highway. Du séduisant Prince of Persia à la surprise hollywoodienne I am Alive, Ubisoft aura fait le show.

 

 

I am Alive

 

Ubisoft fait le spectacle, à deux pas d'Hollywood.

 

 

Mais les autres éditeurs ne sont pas en reste, et on trouve de bien jolies pépites alentours. Comme dans la maisonnée Capcom, un autre prétendant au podium. Le plus occidental des japonais a fourni une jolie lettre de motivation, qu'il s'agisse de Street Fighter IV, retour clinquant aux racines du deuxième épisode, ou de Resident Evil 5, et son ambiance de folie, son aspect coopératif, et sa réalisation aveuglante. Que dire également de Dark Void, mais surtout du retour de Bionic Commando, et son époustouflant gameplay ouvert à la Spiderman. Le frère ennemi Konami nous aura semblé par contre un peu essoufflé, passé la bourrasque Metal Gear Solid 4. Hormis Silent Hill Homecoming, l'éditeur n'avait pas grand chose en stock pour attirer le chaland. En attendant un PES 2009, qu'on espère un peu plus conquérant que l'an dernier. Même topo chez Namco Bandai, qui sans son Soul Calibur IV, aurait paru bien vulnérable. SEGA, par contre, aura été largement à la hauteur, et à l'instar de son confrère Capcom, a parfaitement compris l'intérêt stratégique de développer des jeux aux consonances plus occidentales. Par le biais de son nouveau studio partenaire (dont il distribuera les jeux) Platinium Games, composé d'ex-membres de Clover Studios (Okami, Viewtiful Joe) la firme au hérisson aura présenté Bayonetta, un superbe jeu d'action dirigé par Hideki Kamiya (Devil May Cry), ainsi que l'ovni ludique MadWorld, qui ose le sanglant sans concessions, dans un univers noir et blanc à la Sin City. Impossible de passer sous silence Sonic Unleashed, qui devra effacer une ardoise lourde d'errements et de ratés, entre le dernier Sonic the Edgehog, ou Sonic Heroes, pour ne citer qu'eux. Sonic Unleashed, graphiquement impressionnant, et bien punchy, se présente sous les meilleurs auspices.

 

Sonic Chronicles: the Dark Brotherhood, cuisiné par Bioware, reste quant à lui bien mystérieux, mais la confiance est tout de même de mise. SEGA aura aussi pensé aux amateurs de RTS, avec Stormrise, et enflammé le dance floor, en compagnie de Samba de Amigo Wii. Particulièrement actif, l'éditeur mérite lui aussi quelques éloges bien sentis. Square Enix, comme a son habitude, aura lâche quantité de trailers bien alléchants, mais bien peu de versions jouables (Infinite Undiscovery a fait partie des quelques élus). Final Fantasy XIII, Versus XIII, Dragon Quest IX, et les trois prochains Kingdom Hearts, seront tous restés à la maison. Mais rien que pour avoir été à l'origine de la plus grosse surprise de l'E3, on passera facilement l'éponge. Chez Take 2, un peu comme Konami, on cherche un second souffle après GTA IV, le "plus gros lancement de l'histoire de l'entertainment", selon Strauss Zelnick. L'éditeur avait pourtant quelques atouts non négligeables dans son jeu, à commencer par la version PS3 de Bioshock, qui proposera du contenu exclusif, sous forme de "challenge rooms", mystérieux ajouts dont on a hâte de découvrir la nature. Ensuite, par le biais de la dynamique Cammie Dunaway de Nintendo, Take 2 aura surpris son monde, en dévoilant un épisode inédit de GTA, sur DS, la dernière plateforme dont on aurait pensé qu'elle puisse accueillir une telle production. Hélas, ce GTA Chinatown Wars n'aura pas montré un seul de ses polygones. Borderlands, par contre, était largement mis en lumière. Le FPS, très ambitieux, de par son background, son jeu en coopération, et son arsenal illimité, en aura fait saliver plus d'un. Globalement, la cuvée software de cet E3 aura été très satisfaisante niveau éditeurs, même si bien peu, comme Square Enix (Final Fantasy XIII) ou Take 2 (GTA Chinatown Wars), auront pris le soin d'attendre cet événement pour lâcher des annonces renversantes, que personne, pas même Michael Pachter et Madame Irma réunis, n'auraient pu prévoir. C'est un peu pour ça aussi qu'on aime l'E3.

 

Le virage de Microsoft

 

Les trois grandes conférences des constructeurs, nous auront permis quant à elles de dessiner un bel aperçu des prétentions de chacun, et des sentiers stratégiques qu'ils auront décidé d'emprunter. La première fut celle de Microsoft, et selon notre point de vue, la plus solide des trois, juste devant Sony. Plutôt à la traîne dans les charts, sur les trois territoires majeurs, la Xbox 360, après avoir ratissé un public fidèle de hardcore gamers durant la première moitié de son cycle de vie, n'a plus d'autre choix que de chercher son eden ailleurs. Et fort logiquement, sans laisser tomber sa cible première, celle qui met le plus la main au porte-monnaie, Microsoft aura fait quelques appels de pied appuyés en direction du sacro-saint grand public. Très habilement, pour ne pas bouleverser son positionnement, le constructeur aura dessiné un nouvel emballage de navigation pour sa console, de manière à la rendre plus facile d'accès, plus séduisante. Pour ce faire, La firme de Redmond a présenté ses fameux avatars, personnalisables à l'envi, pour fidéliser, renforcer l'aspect communautaire du Xbox Live, et draguer un peu les joueurs moins traditionnels, qui auraient déjà succombé au charme indéniable des Mii. D'autre part, la compagnie proposera bientôt une toute nouvelle interface pour la machine, plus sobre, moins colorée, dans la mouvance iTunes. Une manière d'élargir encore un peu plus son public, encore une fois. Ensuite, Microsoft, comme Sony, a largement aplani le terrain de la VOD, en nouant un certain nombre de partenariats stratégiques (dont celui avec Netflix), qui permettra de proposer bientôt une cascade de films et de séries aux utilisateurs. Une manière d'imposer la console dans les foyers, et de faire concurrence aux PC.

 

 

avatars

 

Microsoft imite, mais améliore.

 

 

En présentant le Live Paty System, et le Xbox Live Primetime, tournés vers la communauté, mais également le duo Lips/You're in the moovies, légèrement "inspirés" de concepts concurrents (tout comme les avatars, d'ailleurs), la firme américaine aura fait un pas de plus vers le social gaming, mouvance en plein boom. Au niveau jeux, Microsoft a également répondu présent. Les blockbusters Fable 2, Gears of War 2, ou bien encore Too Human et Banjo Kazooie Nuts & Bolts, devraient être bien accueillis dans les échoppes ludiques, et l'offre pléthorique des éditeurs tiers devrait largement satisfaire le moindre des fans de la plateforme. On retiendra surtout le coup de tonnerre de la conférence, et peut-être même de l'E3, qui aura vu Square Enix annoncer Final Fantasy XIII sur Xbox 360. Un uppercut direct envoyé à Sony, et une victoire pour Microsoft, de plus en plus en phase avec les éditeurs japonais qui comptent. Si cela ne bouleversera peut-être pas le destin de la Xbox 360 au Japon, cette décision possède une portée symbolique énorme, et devrait, à l'instar de la sortie simultanée de GTA IV, largement mettre des bâtons dans les roues de Sony, qui a presque perdu toutes les exclusivités qui ont fait la gloire de la PS2. Au final, Microsoft, sans vraiment forcer, ni faire preuve d'une imagination débordante (le plagiat n'est pas loin), aura amorcé le tournant du grand public avec une certaine subtilité. Naturellement, est-ce que cela suffira face à Sony, qui pose minutieusement les jalons d'une reconquête attendue? Nous le saurons très bientôt.

 

Sony prépare 2009

 

Chez le géant de l'électronique, il fallait faire preuve d'allant, pour convaincre de la capacité de la PS3 à rattraper ses deux concurrentes. Comme pour justifier les débuts laborieux de la plateforme, le président de SCEA Jack Tretton aura bien insisté sur le positionnement à long terme de la PS3. Un long terme qui repose en grande partie sur le PlayStation Network. De ce point de vue, Sony aura montré de belles choses, en lançant la VOD aux États-Unis, et en ayant conclu de solides partenariats avec plusieurs majors américains. Clé de voûte de la stratégie online du constructeur, la plateforme communautaire Home n'est pas prête, et Sony n'aura pas vraiment convaincu sur la certitude de voir débarquer le service cette année. Mais le concept, qui surfe largement sur les mondes virtuels à la Seconde Life, et les réseaux communautaires en pleine explosion, fera certainement très mal, pour peu qu'il soit bien conçu. Après la dernière mise à jour du PSN, et l'arrivée des trophées, le service en ligne de Sony se rapproche petit à petit du maître Xbox Live, et de ce côté-là, Microsoft a certainement du souci à sa faire. D'autant que le firme de Tokyo continue d'alimenter le PSN en titres en tous genres (on pense particulièrement à Ratchet & Clank, Quest for Booty, et Forbidden Siren: Blood Curse. Du côté de la PSP, le soutien mi figue mi raisin de Sony n'aura pas tout à fait rassuré quant au devenir du support.

 

 

Little Big Planet

 

Lentement mais sûrement, Sony prépare sa révolution.

 

 

Mais l'éventualité d'un PSN natif, et d'un modèle avec disque dur permettra sans doute à la console de se greffer à la future expansion de la PS3 en matière de jeu en ligne, et de VOD. Quelques jeux sympathiques ont été évoqués, comme Resistance Retribution, et Valkyria Chronicles, ou le duo LocoRoco 2/Patapon 2. Mais pas de quoi enflammer les plus blasés. Au niveau de la PS3, Sony avait quelques grosses productions à (re)sortir de son chapeau, à commencer par Resistance 2, le FPS poids lourd de la console (en attendant Killzone 2), et le surpuissant Little Big Planet, qui pourrait apporter un vent de fraîcheur sans précédent au jeu vidéo dans son ensemble. Comme Microsoft, la PS3 s'appuiera sur les très nombreuses munitions des éditeurs, qui poseront, comme l'année dernière, de très nombreux cas de conscience parmi les gamers, pour faire leur choix sur les linéaires. Globalement, on a vraiment la sensation que contrairement à ce qu'affirmait Jack Tretton, 2008 ne sera pas l'année de la PS3, mais une période de transition vers un énorme coup de boost en 2009. Tout semble l'indiquer, Sony, avec l'arrivée de Final Fantasy XIII (même s'il sortira aussi sur Xbox 360), God of War III, Killzone 2, un éventuel titre de la team ICO, Gran Turismo 5, ainsi que le lancement définitif de la plateforme Home, aura une force de frappe décisive l'année prochaine. De quoi enfin éveiller l'intérêt du public japonais, et prétendre à une place plus affirmée sur les marchés occidentaux, outrageusement dominés par Nintendo.

 

Nintendo choisit la transparence

 

La firme de Kyoto, se présentant en (très) solide leader à cet E3, était très attendue au tournant, ne serait-ce que pour savoir quel nouvel élan software elle donnerait à la Wii, qui a grillé presque toutes ses principales cartouches au printemps, et quelle serait sa stratégie pour continuer d'étendre le public de la console. De l'avis de la communauté, et surtout de notre point de vue, le constructeur aura livré une prestation transparante à tous les points de vue, ignorant superbement son public de fidèles, et ne livrant qu'une fournée timorée en direction du grand public. Contrairement aux deux concurrents, Nintendo n'a pas insisté le moins du monde sur le jeu en ligne, et n'a pas évoqué un seul instant le devenir des Wiiware, qui soulèvent encore quelques interrogations. Animal Crossing City Folk, et Pikmin 3, évoqué par Shigeru Miyamoto lors d'une petite séance privée, auront été les seuls appels du pied en direction des férus de la marque, qui attendaient des plats de résistance bien plus ragoûtants, la compagnie disposant tout de même d'un éventail de licences des plus fournis. Le même Miyamoto, suite à la conférence, aura expliqué ce manque de clinquant, et cette esquive des gamers (même si Reggie Fils-Aime n'est pas d'accord avec cela) par le fait que Nintendo n'a désormais plus l'intention de s'adresser aux joueurs traditionnels durant l'E3, mais se concentrera à l'avenir sur les nouveaux publics, et de nouveaux concepts, qui l'ont dernièrement porté vers les sommets. Une attitude qui fera grincer de nombreuses dents, tant il apparaît que la Wii manque cruellement de titres alléchants, et pourrait bien, à trop jouer avec le feu, se frotter à quelques déconvenues dans le futur.

 

 

Wii Music

 

Le grand final de Nintendo, à l'image de la conférence : décevant.

 

 

Les deux principales annonces, hormis Animal Crossing, auront été tournées vers le Wii Motion Plus, une évolution technologique de la wiimote, que l'on percevra à la fois comme un espoir réel de voir débarquer des jeux plus immersifs, et enfin plus ambitieux, mais surtout comme un aveu d'échec des capacités originelles de la Wii. Un petit air scandaleux de ram pack revient à nos mémoires, surtout lorsqu'on sait que l'accessoire sera bien vite présenté comme indispensable pour jouer pleinement à de futurs gros titres. Nintendo, plus que jamais, sait pratiquer la science des accessoires (Wii Zapper, Wii Wheel, Wii Balance Board, Wii Motion Plus), à défaut d'enrichir sa ludothèque. L'annonce de Wii Sports Resort, qui exploite le Wii Motion Plus, peut sembler intéressante, et devrait s'avérer des plus funs lors de soirées pizza entre amis; mais cela ne constitue pas une initiative réellement originale, et ne rassure pas sur la capacité de la console à engranger quelques hits bien sentis à l'approche de Noël. Quant au final de Nintendo, axé sur Wii Music, il ne nous aura pas semblé non plus à la hauteur, devant l'imprécision et le côté cheap du concept. Même si encore une fois, il devrait faire son petit effet lorsqu'il débarquera dans les foyers. Une nouvelle trouvaille signée Miyamoto, mais clairement moins ambitieuse que Wii Fit l'an dernier. La DS quant à elle, mis à part la surprise GTA Chinatown Wars, bien vite expédiée, n'aura quasiment jamais été citée, hormis lorsque Reggie Fils Aime et Satoru Iwata ont rappelé à quel point Nintendo avait tout écrasé ces deux dernières années. On gardera bon espoir d'être surpris dans le futur, la firme au plombier ayant certainement conservé quelques annonces bien au chaud, qu'elle livrera en temps voulu; Mais cet E3, quoi qu'il en soit, aura été l'un des plus ternes de l'histoire de la marque. De regard de joueur, bien entendu.

 

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L'E3 Media & Business Summit, un salon légitime? C'est la question que l'on est en droit de se poser aujourd'hui. Boudé, critiqué, écorné, le salon qui fut jadis la terre promise pour tout acteur s'intéressant de près ou de loin au jeu vidéo, n'aura jamais paru autant sur la sellette. La faute à une formule trop timorée, et un timing illogique, qui auront rendu la tâche de certains éditeurs bien délicate. Pourtant, plus que tout autre événement dans l'année, c'est bien le salon de Los Angeles qui permet le mieux de capturer un instantané plutôt fidèle des forces en présence, et des ambitions des moteurs de l'industrie, pour peu que ceux-ci veuillent bien jouer le jeu. On espère que l'E3, l'an prochain, retrouvera un tant soit peu son lustre d'antan, et que les éditeurs/constructeurs feront l'effort de nous y réserver quelques surprises, au lieu de faire preuve d'un individualisme forcené, et d'une tendance à l'autocongratulation bien superflue. L'espoir fait vivre.

 

Mise à jour le Dimanche, 17 Août 2008 17:52